Le guide Greenpeace pour construire un Internet plus vert

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Greenpeace USA a publié ce mois-ci son guide pour construire un Internet plus vert (« Clicking Clean: A Guide to Building the Green Internet »). Que cette publication vienne des Etats-Unis n’est pas étonnant car la plupart des géants du Web sont américains. Le profil de quelques opérateurs Européens de data centers, comme Telecity Group par exemple,  y est cependant analysé.

Apple se distingue particulièrement dans ce guide et obtient la première place du classement du fait de son engagement à utiliser une électricité qui proviendra à terme à 100% d’énergies renouvelables.

La vidéo, en partie responsable de l’augmentation du trafic des données sur Internet

Le trafic des données sur Internet augmente de 20% par an (voir l’étude Cisco) suite notamment à l’explosion des accès depuis nos appareils mobiles. Une grande partie de ce trafic de données est du flux vidéo (72% en 2019 contre 55% en 2014, ) qui demande de grandes capacités de stockage. Toutes ces données sont donc stockées dans des data centers qui sont des grands consommateurs d’électricité, à la fois pour faire tourner les équipements mais aussi pour les refroidir.


Video

 


Alors qu’Internet nous rend des services qui améliorent notablement notre qualité de vie, la transition vers le tout connecté se doit d’être maîtrisée en termes de consommation d’électricité. Sinon ces fameux bénéfices pourraient bien vite être annulés par une augmentation substantielle des émissions de gaz à effet de serre elle-même due à une augmentation de la consommation d’une électricité en provenance d’énergies non renouvelables (charbon, pétrole, gaz, notamment).


Electricity consumption ICT

 

Quelques géants de l’Internet s’engagent vers l’utilisation d’une énergie 100% renouvelable

La bonne nouvelle, c’est qu’une demi-douzaine de géants du Web, incluant Apple, Google et Facebook l’ont compris. Ainsi, pour des raisons à la fois économiques et écologiques, ces géants s’engagent de plus en plus vers des data centers dont l’énergie provient à 100% de sources renouvelables. Une autre partie des acteurs de l’Internet et des opérateurs de data centers sont en train d’explorer des solutions pour aller dans cette direction. Mais une grande partie des fournisseurs de services mutualisés d’hébergement sont carrément à la traîne.

Les barrières auxquelles les opérateurs de data centers doivent faire face

Le guide de Greenpeace ne se contente pas de donner des notes aux bons et mauvais élèves mais explique également quelles sont les barrières auxquelles ils doivent faire face pour s’orienter vers le 100% énergies renouvelables. Greenpeace n’est alors pas tendre avec les fournisseurs publics d’électricité, que ce soit aux US, en Europe ou en Asie. Selon l’ONG ces derniers sabotent  la transition vers la fourniture d’une électricité en provenance d’énergies renouvelables. Chacun se fera sa propre opinion mais le récent report de la sortie du rapport de l’ADEME qui tend à montrer que le 100% énergies renouvelables est possible et économiquement viable d’ici 2050 en France apporte à mon avis de l’eau au moulin de Greenpeace.

Une roadmap pour s’améliorer

Le guide donne également quelques conseils aux opérateurs de data centers pour progresser, une sorte de roadmap. Greenpeace leur conseille :

  • D’être transparents sur leurs données environnementales, leurs émissions de gaz à effet de serre, leurs sources d’énergie. De donner une information claire et mesurable qui permette une base de comparaison d’une année sur l’autre et qui, si possible, aille à un niveau de détail site par site.
  • De s’engager réellement et publiquement vers une énergie 100% renouvelable et d’être vigilants sur le choix des lieux de déploiement des nouveaux data centers. Cet engagement solennel permet notamment d’envoyer un signal fort aux fournisseurs d’électricité qui sont du coup quelque peu obligés d’offrir un service répondant à cette demande.
  • De suivre les bonnes pratiques du secteur des data centers pour améliorer leur efficacité énergétique. Greenpeace cite en ce sens le « Open Compute Project » (dont la mission est de concevoir des équipements IT plus efficients en termes d’impact environnemental).
  • De mettre en place une stratégie (cette transition ne peut se faire en un jour) et de faire le choix de fournisseurs qui sont capables de fournir une énergie réellement 100% renouvelable, si possible localement.
Alors pourquoi Apple est en tête du classement ?

Apple reçoit les meilleures notes (A) dans tous les critères d’évaluation de Greenpeace. D’abord parce que depuis le dernier rapport de Greenpeace, son PdG, Tim Cook a fait du « 100% énergies renouvelables » le cœur de sa stratégie environnementale et parce que ses engagements semblent faire bouger les lignes auprès des fournisseurs d’électricité d’Apple. Ensuite, Apple est salué par Greenpeace pour sa transparence sur les données fournies : des données détaillées par site et par type d’énergie renouvelable, avec des engagements clairs, mesurables qui montrent également les impacts économiques de ces investissements. Apple est reconnu pour le choix des emplacements de ses nouveaux data centers où l’un des critères prédominant est la fourniture en énergies renouvelables. Et puis, là où ils n’ont pas pu faire plier les fournisseurs locaux d’électricité, Apple a investi dans ses propres énergies renouvelables (panneaux solaires en Caroline du Nord, investissement dans un projet micro-hydraulique en Oregon, etc).


Vous pouvez consulter ou télécharger le guide « Clicking Clean: A Guide to Building the Green Internet » ici.


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